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VIN ET ALCOOL
La consommation modérée de vin, en particulier au cours des repas, est encore aujourd’hui intimement liée à notre mode de vie et fait partie de notre culture. Selon certains, elle contribuerait à développer convivialité et sens du partage ; le vin serait susceptible de jouer un rôle dans la prévention des maladies coronariennes, de l’athérome et même de la maladie d’Alzheimer. Mais le vin contient de l’alcool, appelé éthanol par les chimistes, constituant le plus important après l’eau et dont la consommation excessive a des effets néfastes sur la santé. « Qu’y a-t-il qui ne soit poison ? Tout est poison et rien n’est poison, seule la dose fait qu’une chose ne soit pas poison ». Paracelse. Concernant l’alcool, il a d’ailleurs été montré que « la mortalité globale des personnes consommant modérément de l’alcool est plus faible que celle des personnes abstinentes ou buvant excessivement ».
Pendant longtemps, la majorité des vins était vendue au degré hectolitre et la valeur marchande était liée à celui-ci et pour certains, le degré était synonyme de qualité. Mis à part, pour quelques vins sans indication géographique, cette méthode a pratiquement disparu. Toutefois, l’idée que les vins les plus riches en alcool sont les meilleurs, persiste dans l’esprit de quelques consommateurs. En réalité, « l’observation des vins du monde entier ne montre aucune relation de cause à effet entre titre alcoométrique élevé et qualité élevée ».
La teneur en alcool est exprimée par le titre alcoométrique volumique. Il est égal au nombre de litres d’éthanol contenu dans 100 litres de vin, ces volumes étant mesurés à 20°C. Son symbole est % vol. Usuellement, on parle de degré alcoolique. Par exemple, l’indication de 12.5% vol. sur l’étiquette d’une bouteille de vin signifie que dans 100 litres de vin, il y a 12.5 litres d’alcool pur soit 0.125 litres d’alcool par litre de vin.
La teneur en alcool peut également être exprimée en gramme par litre, ainsi connaissant la masse volumique de l’alcool pur (789 g/l) et le titre alcoométrique volumique d’une boisson donnée. Par exemple, pour un vin de 12.5% vol., on a 0,125 l x 789 = 98.6 g/l.
En dehors des produits spéciaux élaborés par addition d’alcool (vin doux naturel, Porto,…) le titre alcoométrique volumique des vins varie de 11 à 14% vol. (86.8 à 110.5 g d’alcool par litre). L’alcool est également présent dans d’autres produits : alcool de fruits (poires, prunes, …), Armagnac, Cognac, Gin, Rhum, Saké, Vodka, Whisky …
Les conséquences de la consommation d’alcool sur l’organisme varient selon les quantités ingérées mais aussi en fonction des modalités d’usage et de nombreux facteurs individuels et environnementaux. Nous ne sommes pas tous égaux face à l’alcool : il n’est donc pas possible de définir un seuil limite individuel en deçà duquel la consommation d’alcool serait à faible risque. Les organismes chargés de la prévention ont établi des recommandations générales qui doivent être adaptées à chaque cas particulier. Le fait qu’un type de boisson alcoolisée pourrait être plus à « risque » ou plus « protecteur » n’étant pas démontré, seules les quantités totales d’alcool ingérées quelques soient leurs origines sont à prendre en compte. On retient la consommation d’alcool en grammes par unité de temps ; on définit ainsi une « unité d’alcool » correspondant à 10 grammes d’alcool pur rapportés en général par jour ou par semaine. Pour une consommation à faible risque, il est recommandé de ne pas dépasser par jour chez la femme 20 grammes d’alcool, 30 grammes pour l’homme et 40 grammes pour toute consommation ponctuelle exceptionnelle. Le vin n’est indispensable ni comme boisson, l’eau du robinet et/ou l’eau en bouteille suffit à étancher notre soif sans risque, ni comme source d’énergie. Si nous souhaitons consommer du vin, c’est « pour son apport de plaisir sensoriel et son caractère euphorisant. Compte tenu des recommandations concernant la consommation d’alcool, il s’ensuit que pour une personne en bonne santé ne présentant aucune interdiction médicale, les seuils de consommation journalière de vin (sans autre boisson alcoolisée) sont de 20 cl pour les femmes, 30 cl pour les hommes et 40 cl en une seule occasion exceptionnelle. A ces données, nous ajouterons : consommer le vin au cours d’un repas, alterner les types et les origines pour limiter les effets d’accoutumance en variant les sensations gustatives, réunir des amis pour découvrir de nouveaux vins, choisir un jour par semaine pour ne consommer aucune boisson alcoolisée, avant de prendre le volant, vérifier son alcoolémie.
Il convient de donner sa juste place au vin sans mésestimer les désordres engendrés par une consommation excessive. A dose modérée, insérée dans une alimentation et un style de vie équilibrés, le vin ne mérite pas d’être diabolisé.


























