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LE BEAUJOLAIS

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LE BEAUJOLAIS

LE BEAUJOLAIS, UNE PETITE TOSCANE POUR UN GRAND VIN

A l’aube de l’été alors que la météo va entrainer les esprits laborieux sur la pente douce des vacances, Fine Wine propose de partir en voyage à la découverte des paysages, des traditions, des cultures mais aussi de la modernité. Si le tourisme classique permet d’appréhender quelques une de ces facettes, l’oenotourime offre un prisme sensoriel qui combine le tout au travers le l’histoire d’un vin et de son terroir. Loin de l’uniformisation de la mondialisation et des débats politiques qui veulent définir une identité unique, nous avons pris le parti de découvrir la multiplicité des cépages et des terroirs et donc, des hommes. Nous avons vidé notre esprit afin de le remplir des nourritures terrestres que nous trouverions sur la route. Laissez-vous guider, le vin a tant à nous raconter.

Que l’on roule en voiture sur l’A6 ou que l’on se laisse bercer par le roulis du TGV, de la région du Beaujolais, on ne voit presque rien. C’est à peine si les panneaux indicateurs aux noms de Mâcon-Loché et Villefranche-sur-Saône peuvent évoquer le vignoble connu dans le monde entier grâce au beaujolais nouveau.

Sans une curiosité poussée, il est difficile de deviner que la terre sur laquelle pousse le gamay noir à jus blanc puisse avoir un quelconque intérêt. Or la beauté que réserve la région du Beaujolais est à l’image de son vin : cachée, avilie par son aspect primeur dont le goût est bien souvent nivelé sur son rituel émoussé.

Pourtant derrière le produit d’appel que constitue le beaujolais nouveau, se cachent, sous des appellations rassurantes, les vins du Beaujolais : Qu’est-ce que le Brouilly, le Morgon, le Fleurie ou encore le Juliénas, sinon de pures productions de ce terroir ? Les vins du Beaujolais se classent en 12 appellations qui n’ont pas à rougir de leur qualité, ni du travail quasi artisanal des vignerons, mais simplement parce que rouge les caractérise. Chacun de ces vins raconte une histoire, l’histoire de son terroir… Un terroir discret, à l’abri des regards et qui recèle la beauté de ses vins et ses paysages.

Alors, si soudain le cœur vous en dit, écartez-vous des tracés à grande vitesse et empruntez les petites routes sinueuses qui s’étendent sur près de 140 kilomètres et traversent quelques 36 communes. Des panneaux signalétiques indiquent les sites qui valent un détour et les vignerons qui accueillent les visiteurs. Cette année, il est également possible de télécharger un audio-guide sur son MP3 ou son GPS afin de se laisser guider sur la route en écoutant des étapes sonores. Huit circuits existent actuellement, permettant la découverte de ce vignoble qui longe la Saône, s’étendant sur une cinquantaine de kilomètres, du pays mâconnais jusqu’au nord de Lyon et formant un triangle à l’ouest avec le Val de Loire.

En sortant de l’autoroute à Chânes, on découvre rapidement le nord du vignoble, à la frontière de la Bourgogne. Saint-Amour offre le lieu de la première promenade sonore. La statue du légionnaire romain qui a donné son patronyme à la commune trône à côté de l’église. A la sortie du village, une madone veille sur le vignoble et permet d’embrasser une vue d’ensemble sur la région, dévoilant les côteaux, la plaine de la Dombe et en arrière plan, la chaîne des Alpes. La voix enregistrée nous invite à poursuivre la visite au milieu des vignes qui encerclent les villages et les hameaux aux noms évocateurs : Juliénas, Moulin-à-Vent, Fleurie… Tous sont des appellations du Beaujolais. Ces vins ont tendance à être corsés et structurés, la vigne s’est implantée dans un sol composé d’argile, de silice, de granit et de schistes. De nombreux caveaux proposent des dégustations afin de se familiariser avec ces crus et de constater que le vin se garde quelques années, voire quelques décennies. La combinaison du paysage et des dégustations pique la curiosité quant à la fabrication du vin. Le circuit propose justement une étape au musée de Romanèche Thorins qui retrace l’histoire de la vigne et du vin, de l’Egypte ancienne à nos jours. Le musée se trouve à proximité du Hameau Duboeuf, du nom du vigneron qui a fait connaitre le beaujolais dans le monde entier grâce à ses liens avec les grands de la gastronomie française. Les anecdotes et souvenirs de Georges Duboeuf sur la grande époque du beaujolais nouveau concluent l’étape culturelle.

Il faut  maintenant reprendre la voiture, ou le vélo pour les plus courageux, afin de grimper  en haut du Mont Brouilly qui domine les coteaux alentours. Du sommet, on se prête à chercher l’agglomération lyonnaise, à trouver Saint-Etienne, et si le temps le permet, on peut même apercevoir le Mont-Blanc, ce qui présage souvent l’arrivée du mauvais temps les jours suivants.

Le mont dépassé, on se retrouve au cœur du vignoble du Beaujolais avec ses appellations Beaujolais et Beaujolais-Village. Le paysage change subrepticement : les coteaux se font plus abrupts et les rangs des vignes, plus serrés, plus denses. L’évidence du travail artisanal du vigneron est là : point de vendange mécanique, tout se fait avec la précision de la main. Il est d’ailleurs possible de participer à ce moment laborieux mais festif sous l’œil bienveillant des professionnels qui vous apprendront le geste précis sur la grappe, choisie avec vigilance. La couleur du raisin est primordiale : elle garantie les arômes et la tenue des tanins. Si la faim s’invite au cours de la promenade, pourquoi ne pas déjeuner dans l’un des Bistrots Beaujolais, label garantissant la qualité de l’assiette, de la table et de la carte des vins. Un guide répertorie les 40 adresses labellisées de la région.

En continuant vers le sud, après Villefranche-sur Saône et sa collégiale, la pierre semble se réchauffer et devenir de plus en plus lumineuse. Nous pénétrons dans le pays des pierres dorées. La douceur de la couleur ocre, alliée aux arrondis des collines, évoque les paysages de Toscane. Nous voici transportés dans la minéralité. La géologie du sol ne caractérise pas seulement l’architecture : le vin se pare d’une couleur transparente et exacerbe des arômes fleuris et légers. Les abords du château de Bagnols, superbe demeure historique à l’architecture médiévale, achèvent l’enchantement de cette région surprenante par sa beauté et la qualité de ses vins. Les murmures des pierres glissent aux oreilles attentives que le millésime 2009 est particulièrement exceptionnel et un collègue de la très respectée Revue des Vins de France, glisse qu’il n’achètera que du beaujolais en magnum cette année…

Pour plus d’informations et pour télécharger les circuits audio guidés :

www.beaujolais.com

■ AJH

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