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CRISE DANS LE MONDE VITICOLE

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CRISE DANS LE MONDE VITICOLE

La Grande Distribution mise en cause – le Gouvernement propose un plan d’urgence

Loin du glamour et du côté luxueux véhiculé par les grands châteaux du bordelais ou les célèbres marques de Champagne, l’agriculture connaît sa plus grave crise depuis trente ans, toutes ses filières sont touchées par une baisse de revenus, y compris la filière viticole.

En Gironde, environ deux tiers des exploitations viticoles dégagent moins d’un smic par mois et par unité de travail familial (Smic 1337,70 euros brut par mois). Selon Philippe Abadie, responsable du service économique de la chambre d’agriculture de la Gironde, 20% de ces « smicards de la vigne » auraient même un revenu négatif. Lors d’une session de la chambre d’agriculture de la Gironde à Saint-Emilion la semaine dernière, le Président de la Chambre, Bernard Artigue a accusé la dégradation des cours du tonneau de vin de Bordeaux : « 31% des transactions de bordeaux ont été réalisées en dessous de 900 euros le tonneau en 2008-2009 contre 2% en 2007-2008 ». L’heure est grave, même si la qualité du millésime 2009 donne de l’espoir aux exploitants.

Même scénario dans un autre décor, celui du Sud de la France, où selon les estimations, 10000 vignerons (selon le Syndicat des Vignerons / 5000 selon la police) se sont réunis le 25 novembre à Montpellier pour manifester contre la crise qui touche leur profession. Philippe Vergnes, le président du syndicat des vignerons du Midi s’adressait directement au président de la République, Nicolas Sarkozy, en disant , « Monsieur le Président, les vignerons du Midi sont économiquement morts. La situation ne s’améliorera que si le prix du vin augmente pour le producteur. » Il demandait alors au président de la République de traduire en acte le constat que ce dernier aurait fait sur les marges de la grande distribution. « Il suffirait de 15 centimes de plus par bouteille pour nous donner un peu d’espoir… » a conclu Monsieur Vergnes.

Cela peut laisser croire que le plan d’urgence massif annoncé par le président de la République le 27 octobre 2009 à Poligny (Jura) pour répondre au désarroi de l’ensemble des agriculteurs, ne suffit pas aux vignerons, qui souhaitent, comme on pouvait lire sur les pancartes des manifestants à Montpellier « vivre de leur métier ».

Le dispositif d’urgence du gouvernement français prévoit trois types d’aides : des prêts bancaires à des taux d’intérêts moindres subventionnés par le gouvernement, des exonérations de charges sociales et une mise à disposition d’un médiateur dans les négociations avec les banques pour les agriculteurs les plus touchés.

Egalement, en phase avec les revendications françaises, la commission d’agriculture du parlement européen a substantiellement modifié ses propositions de réforme du secteur viticole, qui devraient être votées courant décembre, se rapprochant de la position hexagonale sur des mesures controversées comme l’arrachage des vignobles, la libéralisation des droits de plantation, les règles d’étiquetage ou le maintien de mesures de gestion de crise.

Les premières propositions de réforme de l’organisation commune de marché (OCM) viti-vinicole, que la commission européenne avait présenté début juillet 2007, ont été à l’époque, très mal accueillies en France à la fois par le ministre de l’agriculture et par les viticulteurs.

Aujourd’hui les eurodéputés souhaitent que la campagne d’arrachage de vignes subventionnée soit limitée à trois ans et non à cinq comme prévu par la commissaire à l’agriculture, Marianne Fischer-Boel. Dans sa résolution, le sénat reconnaît l’opportunité d’un dispositif d’incitation à l’arrachage mais insiste sur son caractère strictement volontaire.

La commission d’agriculture du parlement européen a aussi refusé la libéralisation complète du système d’autorisation des nouvelles plantations à partir de 2014 pour ce qui concerne les vins AOC. Ce compromis rejoint ainsi partiellement la position de la France qui s’oppose catégoriquement à toute libéralisation des droits de plantation, dénoncée tant par le ministre de l’agriculture que par le sénat comme étant contradictoire avec la politique d’arrachage.

La France s’est opposée également de façon ferme, aux suppressions des mesures de gestion des crises du marché, telles que les aides à la distillation des surplus de production. Cette position a été partiellement suivie par les députés européens qui ont voté en faveur du maintien des mesures visant à éviter la surproduction, ainsi qu’une obligation, subventionnée pour certains, de distiller, pour des raisons environnementales, les sous-produits de la vinification en alcool industriel. En ce qui concerne l’autorisation de certaines pratiques œnologiques, la commission parlementaire européenne a rejoint au mot près les revendications françaises, en refusant le transfert de compétence à ce sujet du conseil vers la commission. Aussi, la chaptalisation, c’est-à-dire l’ajout de sucre pour augmenter la teneur en alcool des vins de qualité inférieure à cause de conditions climatiques défavorables, reste autorisée.

En matière d’étiquetage, les eurodéputés se sont opposés au projet qui autorisait l’indication du millésime et des cépages sur l’étiquette des vins de table. Ces données continuent ainsi à être réservées aux vins de qualité et évitent toute confusion chez les consommateurs, conformément, là encore, aux demandes françaises.

Députés européens et sénateurs français se rejoignent encore sur deux points : le financement de programmes de promotion du vin dans les pays tiers,et le marché intérieur, ainsi que sur le refus du transfert de fonds du premier pilier de la P.A.C. vers le pilier « développement rural ». ■ KW

  1. Toutes les AOC de France ne sont pas logées à la même enseigne. Ainsi, le Cru Saint-Véran tire son épingle du jeu avec moins de 9 mois de stock. La situation économique de l’AOC est parfaitement saine. L’INAO vient de nommer une commission d’enquête pour une étude de 1er cru. ci-joint le lien pour un reportage très sympa sur le Cru de France 3 Bourgogne.
    Cordialement.
    F. Curis

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